
1 décembre 2025
Qu’a-t-on fait de Noël?
En ce jour du 30 novembre commence le temps de l’avent. Ce temps qui nous conduit à la célébration de Noël a-t-il toujours son véritable sens? Dès le lendemain de la fête de l’Halloween, les sapins envahissaient les espaces commerciaux et la musique de Noël résonnait sur la plupart des chaînes de radio et dans les grands magasins. C’est vrai que l’éclat des décorations des fêtes illumine les journées dont la période de clarté est, avec novembre, de plus en plus courte.
De fait, en ce temps plus morose, il est bon de voir les signes de fête. Mais savons-nous encore pourquoi ou savons-nous encore pour qui nous faisons tout cela? Où nous conduit le calendrier de l’avent dont chacune des cases est remplie de gourmandises en chocolat? Sommes-nous conscients que Noël marque l’Incarnation du Fils de Dieu en notre monde? Avons-nous saisi que cette naissance du « Dieu-parmi-nous » a changé le cours de l’histoire? Réalisons-nous que cet enfant, né à Bethléem en Judée, est révélation de Dieu le Père? « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi. » (Isaïe 9, 1.)
Qu’a-t-on fait de Noël? Il n’y a pas si longtemps, Noël se célébrait d’abord par la messe de minuit. Au coeur de la nuit, les chrétiens étaient invités à venir accueillir l’enfant Jésus qui est Lumière du monde (Jean 8,12). Aujourd’hui, nous avons une multitude de messes anticipées. On a mis l’accommodation avant le sens premier et profond de Noël : célébrer la Lumière durant la nuit! Se lever, sortir la nuit pour venir à l’église et prolonger la fête par le réveillon s’inscrivent de moins en moins dans nos traditions. La mode veut un plus grand souper avec un échange de cadeaux de plus en plus compliqué parce que nous n’attendons plus aujourd’hui : nous avons tout ici et maintenant.
L’attente de ce jour de Noël n’est plus une grande préoccupation. Le désir d’accueillir l’Enfant Dieu disparaît peu à peu. Et pourtant, l’Incarnation du Fils de Dieu est plus qu’un simple anniversaire à souligner. C’est l’aujourd’hui du Seigneur que nous célébrons. Ce n’est pas un anniversaire de naissance avec un gâteau, des chandelles sur lesquelles souffler et le chant « Mon cher Jésus, c’est à ton tour de te laisser parler d’amour »! C’est tellement important pour nous chrétiens que, lorsque nous professons notre foi (Credo) le dimanche, nous nous inclinons en signe de respect au moment où nous disons : « Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme. »
Pouvons-nous encore vivre l’attente de ce jour? Pouvons-nous encore célébrer ce mystère toujours si grand? Dieu qui se révèle dans ce petit enfant qu’est Jésus dont le vieillard Syméon saluera l’arrivée en disant : « Mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples, Lumière qui se révèle aux nations! » Pouvons-nous cette année retrouver un sens profond à notre fête?
Je vous invite à préparer cette nuit très sainte. Je vous invite à sortir de nuit pour célébrer la Lumière. Une messe de minuit se célèbre dans notre paroisse et vous y êtes attendus. Dans notre monde marqué par les ténèbres des guerres, des conflits, des injustices, des inégalités, une lumière se lève et nous appelle. « Ayez confiance, le Seigneur vient »! Bon temps de l’Avent à chacun et à chacune d’entre vous!
Abbé Pierre, curé